Les lycées privés aussi fusionnent

Publié le 04/07/2012 – Mis à jour le 29/09/2012 à 11:33

Nord Eclair

| ENSEIGNEMENT |

 

Les directeurs et adjoints : Antoine Deprecq, Eric Dufour, Michel Rohart, Stéphanie Landais et Xavier Pitkowski.
Déjà réunis depuis vingt ans en une fédération, les quatre lycées privés de Roubaix vont se doter dans un an d’un seul et même organisme de gestion.
Un changement pour la centaine de salariés non enseignants qui y travaillent. Les explications des chefs d’établissement.
DELPHINE TONNERRE > delphine.tonnerre@nordeclair.fr
Économies d’échelle, adaptation aux changements, complémentarité… Les raisons de la fusion entre les quatre lycées privés de Roubaix sont multiples. Les effets eux, devraient être mineurs. Ce qui fusionne, ce ne sont pas les établissements eux-mêmes, Saint-Martin, Léonard-de-Vinci, Saint-Rémi et Saint-François d’Assise, qui gardent chacun leur implantation et leur direction, étaient déjà réunis depuis 1992 en une Frescc (Fédération roubaisienne des établissements de second cycle catholique).
Étape supplémentaire, leurs Ogec fusionnent. L’Ogec, c’est l’Organisme de gestion de l’enseignement catholique, une association loi 1901 qui sert de support juridique aux établissements scolaires sous contrat avec l’État. En résumé, les enseignants sont payés par l’Éducation nationale. L’Ogec emploie les personnels non enseignants et gère les locaux.
Ce qui va changer à la rentrée 2013, dans un an donc, c’est qu’un seul et même Ogec sera commun aux quatre lycées privés roubaisiens. La réflexion ne vient pas de tomber. En novembre dernier, l’ensemble des enseignants et personnels avait été convié à une soirée de présentation de ce projet, sur lequel des équipes planchent depuis trois ans.
97 salariés concernés Antoine Deprecq, directeur de Saint-François d’Assise assure que les 97 personnes actuellement salariées des trois Ogec (Saint-Martin, Saint-François-d’Assise, Saint-Rémi et Léonard-de-Vinci ayant déjà un Ogec commun) n’ont pas à craindre pour leurs emplois : « Au contraire, cela leur donne des perspectives d’évolution dans leurs carrières. Les économies concerneront plutôt les locaux, les services… » Le premier objectif n’est cependant pas de grignoter quelques économies, mais bien de mieux s’organiser. La logique était déjà de se parler et parfois de se répartir les élèves ou les filières. Une expérience qui avait ses limites. « Ensemble, on est plus forts. Il n’y a plus de concurrence si on met en commun nos Ogec. On sait qu’un élève, s’il n’est pas scolarisé dans « notre » lycée reste dans la maison », résume Éric Dufour, directeur de Saint-Martin, secondé par Stéphanie Landais.
L’objectif sera ensuite d’adapter l’immobilier aux besoins. Il n’est pas exclu de construire des classes, ou de regrouper des formations qui, à la rentrée 2016-2017, devraient disposer de sites rénovés ou même complètement neufs. Un pôle étudiant fait partie des souhaits. Actuellement, les élèves du seul BTS accueilli au lycée Saint-Martin peuvent se sentir un peu seuls. L’idée serait de les regrouper avec les étudiants de Saint-Rémi.
Ne pas engloutir l’un ou l’autre Pas d’ombre au tableau alors ? « Nous avons le même but, directeurs et adjoints, présidents des Ogec : agir pour le bien des élèves. Nous avons la chance de bien nous entendre. », précise Éric Dufour. Le propos n’est donc pas d’engloutir l’un ou l’autre mais bien de faire mieux connaître et cohabiter les différentes filières. Surtout avec les multiples réformes qui ont eu (et auront) lieu, dans l’enseignement.
Il y aura un seul président d’Ogec, une fonction bénévole, mais, sans donner de nom, les actuels directeurs semblent confiants sur un choix qui sera partagé par tous, sans tiraillement.
Pour les parents, élèves et stagiaires de l’Arep, centre de formation professionnelle, cette fusion en revanche ne va pas changer grand-chose. « Déjà actuellement, nous avons pris l’habitude de parler d’une seule et même voix pour présenter nos filières », explique Michel Rohart, directeur de Saint-Rémi et Léonard-de-Vinci, avec son adjoint Xavier Pitkowski. « À terme, un peu comme les étudiants s’inscrivent à La Catho, à Roubaix, ils s’inscriront au lycée à la Frescc », dit Antoine Duprecq. La Frescc accueille 4 128 élèves, étudiants et stagiaires.w